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Éditos

Le mot de l’éditeur #HS3

par William Emmanuel 10 juillet 2023 2 min de lecture

Avec le développement accéléré des technologies de l’information et de la communication depuis le début des années 1990, nous sommes entrés dans un système de surveillance généralisée. À l’échelle de la planète. On se demande pourquoi le pouvoir exécutif, comme récemment encore en France, cherche à faire voter des lois l’autorisant à accéder en temps réel aux téléphones et ordinateurs des citoyens. Grâce à des outils comme une carte bancaire et un téléphone mobile, les autorités peuvent reconstituer le trajet de tout individu à tout moment. Notre propension à faire confiance aux nouveaux outils pour nous déplacer, pour faire nos courses ou pour nous divertir nous place sous la coupe de grandes entreprises américaines, au premier rang desquelles les fameux Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), qui n’hésitent jamais à collaborer avec des régimes autoritaires, comme la Chine capitalistico–communiste pour restreindre les libertés des clients/citoyens afin de faire fructifier leurs affaires.

Dans cette économie globale de la surveillance, l’intimité de la personne n’existe plus. C’est une marchandise pour les fournisseurs de technologie et une aubaine pour les services de police. C’est bien sûr pour notre bien, le pouvoir politique nous expliquant qu’il est nécessaire d’abandonner un peu de liberté pour davantage de sécurité, en particulier pour lutter contre le terrorisme. Une proposition douteuse car, comme le rappelait Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre, et finit par perdre les deux. » De fait, la surveillance massive imposée aux citoyens n’a pas empêché la multiplication des attentats. Tout comme elle n’a pas permis de contrôler la pandémie de coronavirus en Europe à partir de février 2020.

Dans ces conditions, est-il encore possible de disparaître sans laisser aucune trace ?

En 2014, un Boeing 777 de Malaysia Airlines, avec à son bord 227 passagers et 12 membres d’équipage, s’était en quelque sorte volatilisé, lors de son vol entre Kuala Lumpur et Pékin. Les satellites civils et militaires mobilisés par de nombreux pays n’ont jamais réussi à localiser l’épave. Près de dix ans après, le mystère qui entoure cette catastrophe demeure.

Depuis 2011, le suspect d’un quintuple meurtre échappe à toutes les recherches, Où se cache Xavier Dupont de Ligonnès ? Est-il mort ou vif ? A-t-il tué sa famille ? L’enquête judiciaire le dira peut-être. Pour notre part, sans nous immiscer dans les investigations en cours, nous avons demandé à cinq écrivains talentueux d’imaginer ce que pourrait être la vie d’un tel personnage. Faire d’un fait divers un objet littéraire est risqué mais la littérature est là pour nous forcer à regarder la réalité sous un nouvel angle, pour nous bousculer. C’est la raison pour laquelle Bastille Magazine, sans aucune provocation, a tenté cette expérience.

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