Bastille en accès libre jusqu’au vendredi 9 octobre, midi. S’abonner pour continuer à lire →
Aller au contenu
N° 21 · octobre 2023 · Portfolio

Rades

par Guillaume Blot 29 septembre 2023 1 min de lecture

« Dans les rades à l’ancienne, bah tu te sens pas tout seul. C’est ce qui me fait venir tous les jours ici prendre un demi. Voire deux. » — Marc, un fidèle du Sully, dans le 10E, à Paris (75).

Empruntant son nom à l’argot utilisé pour désigner avec affection un bar de quartier, Rades (éd. Hoëbeke) flashe et expose la vie dans les cafés français, aujourd’hui espaces en voie de disparition. Des 200 000 troquets que comptait la France dans les années 1960, il n’en restait plus que 40 000 à peine au milieu des années 2010. J’aurais pu m’en tenir à cet angle, montrer le verre vide, les comptoirs désertés, la décrépitude des crépis. À travers cette série, j’ai fait le choix de me concentrer sur les établissements aux rideaux levés, des lieux de vie hauts en couleurs, animés par les patronnes et les patrons, les habitués et les clients de passage. Des endroits où le temps est suspendu, rythmé par les discussions enflammées, les parties de mots croisés collectives, le grignotage de cacahuètes. Où la timidité faiblit à mesure que les coudes se lèvent. Avec ses scènes de vie et ses portraits, captés à l’occasion des 220 immersions dans les bars de l’Hexagone, Rades dresse avec tendresse un panorama de ces coins « résistants », en lice pour être inscrits au patrimoine immatériel culturel français. En route pour une tournée des bars, aux côtés d’Odette et sa bande de Saint-Étienne, Marc le lève-tôt du Sully, Marie-Jeanne et son omelette garnie ou encore Liliane la patronne centenaire du Jura !

L’infolettre de Bastille Magazine

Pour ne rien manquer de nos actualités.

Confirmation par e-mail, désinscription en un clic, aucune revente d'adresse.