© Cosmo

Britney, gloire toxique

Louise Chennevière

Tour à tour « fiancée de l’Amérique », objet de fantasmes malsains, exploitée par le show business et les médias people, la pop star a parcouru un long chemin de croix juridique et intime, avant de renaître. Enfin libérée ?

 

I’m Miss American Dream since I was seventeen
Don’t matter if I step on the scene
Or sneak away to the Philippines
They still gon’ put pictures of my derriere in the magazine
You want a piece of me?
Piece of me, Britney Spears

 

Si j’ai jamais eu une idole, je dois bien admettre que ce fut elle. Qu’après elle ces histoires-là allaient me passer, que jamais plus mon admiration à l’égard de quelque artiste ne serait doublée d’une telle ferveur. J’avais 6 ans quand Baby One More Time sortait en France et j’allais, comme tant d’autres gamines de mon âge, vouer à Britney, instantanément, un amour sans borne. C’est étrange à dire pour moi aujourd’hui, moi qui me sens si éloignée de tout ce qu’a pu incarner cette jeune fille faussement sage dansant dans une tenue d’écolière, si éloignée de tout ce qu’elle était devenue, cette pop star légendaire et sulfureuse, de son monde, et pourtant je sais que la petite fille que j’étais l’a véritablement, sincèrement aimée. Les murs de ma chambre d’enfant étaient tapissés de posters d’elle, du sol au plafond, et je passais des heures, dans cette chambre d’enfant, à répéter les chorégraphies de ses clips, à chanter les paroles de ses chansons, que je connaissais toutes par cœur, sur ma petite enceinte à karaoké.

Comme des millions de petites filles à travers le monde, je rêvais de la rencontrer et ce rêve était entretenu par des émissions mettant en scène des fans qui avaient gagné à je-ne-sais-quel concours la chance de la rencontrer. J’ai revu hier les images d’une de ces émissions – je m’en suis rappelé exactement, et aussi du sentiment que j’avais eu en les regardant pour la première fois, il y a plus de vingt ans, un sentiment de joie infinie. Car je ne doutais pas qu’un jour, je serai moi aussi à la place de cette petite fille et je pourrai lui dire en vrai combien je l’aimais. Tout ce que j’espérais, tout ce que j’attendais de la vie qui venait, c’était de devenir, moi, Britney. Combien sommes-nous à travers le monde à avoir rêvé d’être elle? Et qu’est-ce qui s’est cristallisé dans ce rêve-là? Que dit-il de notre monde, de son industrie culturelle et de la construction de la féminité en régime capitaliste? Ce rêve que nous avons vu, en direct, s’effondrer violemment – s’effondrer la jeune fiancée de l’Amérique que le monde entier avait portée aux nues et puis le monde entier l’avait détruite.

Depuis longtemps déjà, alors qu’elle s’effondrait, je m’étais, moi, détournée d’elle. L’amour toujours nous passe, n’est-ce pas, et j’avais déporté le mien sur tout un pan de la musique qui me semblait ô combien plus subversif que cette pop édulcorée faite pour les stades, les boîtes ringardes et les supermarchés. Il m’arrivait encore de danser parfois sur l’un de ses vieux tubes en soirée, mais passer un morceau de Britney et danser sur Britney cela ne pouvait se faire désormais qu’avec ironie. J’avais 14 ans lorsqu’elle se rasait le crâne devant des dizaines de paparazzis, ces paparazzis qui la traquaient jour et nuit, quoi qu’elle fasse, où qu’elle aille, je ne me souviens pas de ce que cela m’a fait. J’imagine que j’ai probablement balayé ça d’un vague «elle a pas l’air d’aller bien, la Britney», peut-être même en ai-je ri. Peut-être. Si j’en ai ri, je voudrais m’excuser auprès d’elle, elle que j’avais tant aimée et que j’avais sacrifiée si vite sur l’autel de mon adolescence et du rock’n’roll, elle la seule idole que j’avais jamais eue et que j’avais si facilement brûlée – et ces idoles, on oublie trop facilement qu’elles ne sont qu’humaines.
 

Britney incarne une sorte de féminité idéale et contradictoire : à la fois ultrasexualisée et pourtant vierge, provocatrice mais soumise, enfant encore mais femme déjà.
 

Pourtant elle l’a dit et elle l’a redit, qu’elle était humaine, qu’elle aimerait que les paparazzis se rappellent de cela, qu’elle était humaine, ça paraît idiot de dire ça, bien sûr, et pourtant, non, personne ne comprend, elle le dit dans cette interview où elle s’effondre en larmes et elle dit «j’aimerais qu’ils se rappellent que nous sommes humains» mais cela ne change rien. Dans de nombreuses interviews, Britney s’effondre en larmes. Ces vidéos me semblent quasi insoutenables et pourtant elles ont été regardées par des millions et des millions de gens et, à chaque fois, l’interviewer, où que ce soit dans le monde, cherche à la pousser dans ses retranchements. Et à chaque fois, elle s’excuse de pleurer, elle s’intime à elle-même «Be strong, Britney». Je me demande d’où pouvait venir le plaisir éprouvé par ces gens à regarder ainsi l’enfant prodigue de la pop music, la petite princesse du rêve américain, ainsi, en direct, fondre en larmes. J’avais depuis longtemps détourné le regard. Je ne crois pas que cela soit beaucoup mieux. 

Ces derniers temps, je regarde beaucoup d’interviews de Britney et ce que je vois me glace. Me glacent ces images d’elle se rasant le crâne devant la planète entière qui s’en gaussait, la planète entière qui a moqué des jours durant son nouveau look – mais qu’est-ce que cela avait à voir avec un look? Une jeune fille qui se trouvait sur place a rapporté que Britney lui aurait dit s’être rasé les cheveux parce qu’elle en avait marre qu’on les touche, qu’on la touche. C’était comme si le monde entier pourtant se sentait ce droit-là, imprescriptible, de la toucher, de la traquer, de disséquer ses moindres faits et gestes. Mais ses pleurs, là, en direct, personne ne semble jamais les avoir pris au sérieux, ni sa détresse, ni sa solitude. Une solitude si grande que je me demande comment on peut même la vivre, elle au centre de tous les regards du monde, elle dont la voix résonne à combien d’endroits sur la planète en même temps, et que personne n’a jamais voulu écouter. Je voudrais m’excuser moi-même auprès d’elle, de ne l’avoir pas écoutée, d’avoir par passivité, par négligence, si facilement ignoré ce qui se jouait là. Je voudrais m’excuser aussi, auprès de la petite fille que j’avais été, qui avait trop tôt appris à dénigrer les choses qu’elle avait aimées, les choses qu’il était normal en ce monde d’aimer quand vous étiez élevée comme une petite fille.

C’est là l’une des premières leçons que l’on apprend lorsqu’on devient femme, n’est-ce pas: avoir honte, honte de ce que le monde a fait de nous. Et pour devenir une jeune fille, moi, il me fallait d’abord avoir honte d’avoir été une petite fille, comme si ce que j’avais été était inintégrable dans l’histoire de celle que je devenais. Car celle que je devenais avait désormais des rêves de littérature, avait des préoccupations sérieuses: qu’était, au regard de ces préoccupations-là et au regard de toute cette culture que peu à peu je m’appropriais, le destin d’une jeune pop star? Toute cette culture qui m’apprenait, tacitement, en sous-main, sans jamais clairement l’énoncer, à mépriser ce que cette même culture avait, depuis des siècles et des siècles, avec patience, constitué comme le féminin. Qui m’apprenait donc à me mépriser moi. C’est un mécanisme bien connu, et que l’on feint pourtant d’ignorer, au cœur duquel Britney Spears a été, sous les yeux de tous, prise. Elle qui incarne une sorte d’absolu de féminité, d’une féminité idéale, c’est-à-dire bien sûr impossible, à la fois ultrasexualisée et pourtant vierge, provocatrice mais soumise, enfant encore mais femme déjà, une féminité dont le propre est d’être en son cœur contradictoire et de provoquer une dissociation des subjectivités.

Si Britney est devenue si vite l’icône planétaire qu’elle est devenue, c’est, je crois, en ce qu’elle incarnait mieux que quiconque cet absolu-là, absolu en vertu duquel elle allait pourtant très vite être, et sans cesse, attaquée, dénigrée, humiliée, révélant l’hypocrisie de cette société américaine qui avait façonnée cette petite poupée expiatoire. Car cette hypersexualisation voulue par les lois du marché et du patriarcat, qui lui avait été imposée alors qu’elle n’était qu’une enfant, allait lui valoir les plus violentes attaques. Il faut voir ce présentateur de «Star Search», un vieux monsieur dégoûtant, se pencher sur elle, elle qui n’a que 8 ans, lui dire qu’elle a de jolis yeux, lui demander si elle a un petit ami – Britney répond gaiement qu’elle n’en a pas car ils sont méchants. Et le vieux monsieur lui dit alors que lui, il n’est pas méchant, est-ce qu’elle ne voudrait pas de lui alors? Et les vieux messieurs n’auront de cesse de s’intéresser à Britney, qui confiera que ça lui fait un peu bizarre de voir ces hommes âgés dans le public de ses concerts, public qui semble donc fait à moitié de petites filles et à moitié de vieux messieurs, aux exigences inconciliables. Car ces vieux messieurs-là veulent ce que les mères de ces petites filles ne veulent pas du tout. Ainsi, cette mère préoccupée pour ses enfants, cette honorable mère de famille de l’Amérique puritaine, femme du gouverneur du Maryland, se sent autorisée à dire, publiquement, que si elle en avait l’occasion, elle tirerait un coup de pistolet sur Britney. Et comment aurait-elle pu faire, Britney, pour ne pas devenir folle quand elle était menacée de mort en vertu de ce qui faisait qu’elle était par la planète entière adulée? 

Il y a quelque chose de paroxystique dans le destin de Britney Spears, quelque chose de biblique. C’est presque trop gros pour que l’on puisse vraiment y croire, comme un conte destiné à effrayer les jeunes filles, un conte qui leur dirait: «Regarde ce que tu vas devenir s’il te prenait l’envie de retourner le jeu à ton avantage, s’il t’arrive de vouloir tirer parti de ce destin qui t’est, de toute façon, imparti alors.» Mais cela n’a rien d’un conte, et tout cela lui est effectivement arrivé, à elle, Britney réelle, tout cela a été marqué pour toujours dans son corps au fer rouge de l’infamie, dans son âme. Cet envers du conte, celui qu’on feint toujours d’ignorer, qu’on ne veut pas voir, enfin, après toutes ces années, commence à se dévoiler. Britney, Britney si lisse, si polie, si bien élevée, une petite fille parfaite du sud des États-Unis, n’est-ce pas, Britney ne voulant déranger ni froisser rien ni personne, faisant tout ce qu’on lui dit de faire, enfin s’est mise à parler.

Il lui a fallu des années avant de pouvoir parler, non seulement parce qu’il lui aurait fallu tout ce temps pour prendre conscience de ce qui lui avait été infligé, car rompre des croyances si solidement établies ne se fait pas si facilement, mais surtout parce qu’elle ne pouvait pas parler. Qu’elle en était empêchée par le gouvernement de Californie, la loi, son père et tous les gens qui travaillaient à faire tourner la machine à cash qu’elle était devenue. Parce qu’elle était, légalement, muselée. Il y a deux ans maintenant se terminait enfin cette tutelle sous le coup de laquelle elle était enfermée, gardée à double tour depuis treize ans. 

La Femme en moi – c’est le titre de son autobiographie, sortie en octobre 2023. Je viens tout juste d’en achever la lecture. Je dois bien admettre que ce fut une lecture vorace, passionnée. Il y a pourtant toujours cette légère distance impliquée par la lecture d’un livre comme celui-ci puisqu’on sait qu’ils sont écrits avec l’aide de quelque ghostwriter donnant toujours à ce genre de texte une tonalité un peu impersonnelle, policée. Mais ce texte fait malgré tout, après treize ans de silence forcé, entendre pour la première fois non pas l’histoire telle que l’on nous l’a racontée, telle que les médias travaillant (et en vertu de quel pacte tacite?) main dans la main avec la famille de Britney l’ont également racontée, mais telle qu’elle-même l’avait vécue. Elle qui durant treize années a été forcée de travailler en permanence, se produisant dans ces shows spectaculaires à Las Vegas qui engendraient des millions, ces shows qui l’épuisaient, elle gardée sous la surveillance rapprochée de tout un arsenal médico-légal, devant sans cesse passer toutes sortes de tests, soumise à la plus étroite surveillance de sa vie privée, dont tout le contrôle était confié à son père. Et elle souriait.
 

Cette industrie culturelle qui a produit Britney est bâtie sur des présupposés profondément misogynes.

 
Sur les plateaux télé, sur scène, elle tient encore à merveille son rôle, du moins du mieux qu’elle le peut. Il semble évident aujourd’hui, au regard de ce qui est révélé dans le livre, que tout cela, on aurait pu s’en douter si seulement on avait bien voulu y prêter un tout petit peu attention. Mais le spectacle doit continuer, n’est-ce pas, à n’importe quel prix, et celui de la vie d’une jeune femme, on le sait, est en ce monde chose négligeable. Même celle de l’une des femmes les plus puissantes du monde. En 2002, Forbes avait nommé Britney Spears «femme la plus puissante du monde».

Quelques années plus tard elle tombe sous la coupe de son père – le patriarcat a la dent dure. Sans jamais le nommer, c’est le patriarcat qu’elle expose dans sa face la plus sale, la plus sauvage, dans son livre. Et ce que ce livre dit, c’est la réalité de ce que ce système fait au corps et au cœur d’une jeune femme, et ce genre de témoignage semble bien valoir des kilomètres de théorie. Ce n’est bien sûr un secret pour personne que cette industrie culturelle qui a produit Britney est bâtie sur des présupposés profondément misogynes, que cette misogynie est même, pourrait-on dire, l’un des moteurs de l’économie libidinale de cette industrie. Et cela, elle nous le raconte sans détours – comment celui dont elle avait été folle amoureuse, celui pour lequel elle n’avait cessé de clamer, bien longtemps même après leur rupture ultramédiatisée, un respect et une tendresse, disant de lui que c’était une si bonne personne, avait littéralement bâti sa carrière sur son humiliation à elle.

La chanson et le clip qui avaient consacré Justin Timberlake mettaient en scène une Britney adultère et manipulatrice, et allaient lui apporter le soutien de presque toute l’Amérique, à lui, quand elle allait se retrouver, elle, haïe. C’est ce qu’on appelle, je n’aime pas particulièrement utiliser ce genre d’expression toute faite mais, tout de même, c’est bien pratique parfois, ça a le mérite d’être clair, du slut-shaming. Ça a toujours été très rentable dans cette industrie-là, c’est une vieille recette sans cesse mise au goût du jour, que le chanteur ne se lassera pas d’utiliser en révélant notamment à la radio, à un présentateur, jouant sur leur complicité masculine, lui demandant avec insistance s’il avait «baisé Britney Spears». Je m’excuse de l’écrire de cette façon mais c’est exactement ainsi que ce type lui a demandé «allez, mec, dis-nous» et Justin Timberlake de répondre que oui, il l’avait fait. Sachant très bien ce que cette révélation coûterait à Britney Spears pour sa réputation, sachant très bien qu’une large partie de son public était faite de petites filles de l’Amérique la plus puritaine et que les mères de ces petites filles n’aimeraient pas du tout entendre que l’idole des jeunes n’était plus vierge.
 

Son coeur à elle, personne ne semble s’en soucier.
 

Car la virginité d’une jeune fille est toujours, en ce début de XXIe siècle, une affaire publique, une affaire dont on se sent non seulement le droit mais le devoir de parler à heure de grande écoute. C’est donc cette chanson, Cry Me a River, dans laquelle il peint cette fille qu’il avait aimée en s*****, et c’est bien ainsi qu’il l’appellera lui-même, sous couvert de ces petits bip de censure hypocrites, sur le plateau d’un talk-show, et qu’il se peint lui-même en victime innocente, qui allait le faire exploser. Cette chanson à cause de laquelle Britney, elle, allait se faire huer par un stade entier où elle s’était rendue, l’innocente, voir un match des Lakers, huée parce qu’elle avait brisé le cœur de l’enfant chéri. Et son cœur à elle, personne ne semble s’en soucier, pas plus que du fait que l’enfant chéri l’avait trompée à de multiples reprises, et notamment, écrit-elle dans ce livre, avec des fans, dont on n’a pas de mal à imaginer qu’elles étaient encore plus jeunes qu’eux ne l’étaient à l’époque. Paru fin octobre, La Femme en moi n’est pas un bon livre. Il n’est pas question de le juger à l’aune de critères esthético-littéraires, il n’est pas question d’en faire une critique. Mais il est possible que ce ne soit pas une autobiographie de stars comme les autres, que ce ne soit pas un simple coup marketing. Que le témoignage qui s’y déploie vienne s’ajouter à tous les autres, à tous ceux de celles qui osent, et elles sont toujours plus nombreuses, parler. Que La Femme en moi soit un livre nécessaire et j’espère qu’il pourra réparer, rien qu’un peu, les torts qui à cette femme avaient été faits. 

 ...

Tour à tour « fiancée de l’Amérique », objet de fantasmes malsains, exploitée par le show business et les médias people, la pop star a parcouru un long chemin de croix juridique et intime, avant de renaître. Enfin libérée ?   I’m Miss American Dream since I was seventeen Don’t matter if I step on the scene Or sneak away to the Philippines They still gon’ put pictures of my derriere in the magazine You want a piece of me? Piece of me, Britney Spears   Si j’ai jamais eu une idole, je dois bien admettre que ce fut elle. Qu’après elle ces histoires-là allaient me passer, que jamais plus mon admiration à l’égard de quelque artiste ne serait doublée d’une telle ferveur. J’avais 6 ans quand Baby One More Time sortait en France et j’allais, comme tant d’autres gamines de mon âge, vouer à Britney, instantanément, un amour sans borne. C’est étrange à dire pour moi aujourd’hui, moi qui me sens si éloignée de tout ce qu’a pu incarner cette jeune fille faussement sage dansant dans une tenue d’écolière, si éloignée de tout ce qu’elle était devenue, cette pop star légendaire et sulfureuse, de son monde, et pourtant je sais que la petite fille que j’étais l’a véritablement, sincèrement aimée. Les murs de ma chambre d’enfant étaient tapissés de posters d’elle, du sol au plafond, et je passais des heures, dans cette chambre d’enfant, à répéter les chorégraphies de ses clips, à chanter les paroles de ses chansons, que je connaissais toutes par…

Pas encore abonné(e) ?

Voir nos offres

La suite est reservée aux abonné(e)s


Déjà abonné(e) ? connectez-vous !



Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.

Top Reviews