Pillages nazis

Le Baron et le Pissarro de Lilly

Kevin Rector

Descendant d’une famille juive allemande, David Cassirer tente de récupérer une œuvre de Camille Pissarro volée à sa bisaïeule. Un combat qu’il livre depuis des décennies, pour son père et toutes les familles spoliées par le régime hitlérien.

 

Début 1939, les nazis resserrent leur emprise sur l’Allemagne, saccageant synagogues, maisons et écoles juives. Ils ne tarderont pas à construire des camps de la mort. Pour les citoyens juifs comme Lilly Cassirer-Neubauer, la possibilité de fuir le pays s’éloigne alors rapidement. En désespoir de cause, Lilly cède une peinture impressionniste de la collection d’art familiale pour obtenir un précieux visa.

Six décennies plus tard, son petit-fils, Claude, installé à San Diego, aux États-Unis, fait une découverte: le tableau est réapparu en Europe, par l’intermédiaire du descendant d’une famille d’industriels allemands qui a contribué à financer l’ascension au pouvoir d’Adolf Hitler. David Cassirer, l’arrière-petit-fils de Lilly, attend désormais le verdict d’une longue bataille juridique pour récupérer le tableau, qui se trouve dans un musée espagnol.

L’œuvre, une peinture de Camille Pissarro, est estimée à plusieurs dizaines de millions de dollars. Il ne s’agit pas seulement d’une question d’argent mais aussi d’un héritage familial et d’un conflit entre la loi et la morale. Du début des années 1930 à jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont volé quelque 650000 œuvres d’art. Nombre d’entre elles n’ont jamais été retrouvées; pour d’autres, les procédures font rage. Et si chaque affaire est unique, une victoire juridique décisive pour l’un profite souvent à beaucoup d’autres, tant et si bien que les familles juives, les experts en restitution et les avocats du monde entier suivent de près l’affaire Cassirer.

David Cassirer, âgé de 69 ans, vit dans le Colorado. Il se dit déterminé à aller jusqu’au bout pour son arrière-grand-mère, qui a vécu avec sa famille pendant plusieurs années avant son décès en 1962, et pour son père, Claude, mort en 2010 en espérant le retour de l’œuvre. « En tant que survivant de l’Holocauste, mon père n’a jamais cessé de penser ou de parler de ce qui est arrivé aux Cassirer et au peuple juif en Europe à l’époque nazie, raconte David Cassirer. Sa quête pour récupérer le tableau était l’incarnation du rêve apparemment impossible de retrouver au moins une partie de ce que les nazis ont si brutalement détruit. »

 

 

Avant la guerre, les Cassirer étaient de riches collectionneurs d’art, galeristes et éditeurs qui avaient soutenu des artistes prometteurs, dont Pissarro. Née Dispecker, Lilly avait épousé, au tournant du xxe siècle, Fritz Cassirer, qui était chef d’orchestre. Le couple avait une fille, Eva. Lorsque celle-ci meurt de la grippe, en 1921, c’est Lilly qui s’occupe du petit Klaus qui prendra plus tard le nom de Claude. En 1924, au décès du père de Fritz, le couple hérite d’une toile présente dans la famille depuis 1900 environ, selon les archives judiciaires. Un tableau de Pissarro de 1897, représentant un paysage parisien scintillant, intitulé Rue Saint-Honoré l’après-midi. Effet de la pluie. Quand Fritz meurt en 1926, Lilly en devient l’unique propriétaire. Bien qu’elle possède d’autres œuvres de grande valeur (dont un paysage de Jacob van Ruysdael et une ballerine en bronze de Degas), le Pissarro tient une place particulière. Sur une photographie de l’époque, prise pour des questions d’assurance, on le voit accroché au centre du salon familial à Berlin.

En 1938, les nazis marchent sur l’Autriche. En janvier 1939, Lilly, qui vit alors à Munich, épouse Otto Neubauer, un médecin réputé qui a été contraint par le régime d’abandonner son poste à l’hôpital universitaire de la capitale bavaroise. En mars, les nazis s’emparent de Prague. Lilly veut fuir. Elle paye une sorte de « rançon nazie » : les familles juives aisées pouvaient alors encore obtenir des visas de sortie moyennant l’abandon de leurs biens les plus intéressants aux nationaux-socialistes et une «taxe de vol» exorbitante sur ce qu’elles pouvaient emporter à l’étranger. Elles recevaient parfois des sommes symboliques, les nazis feignant une légitimité administrative pour faire main basse sur leurs richesses. Ainsi, Jakob Scheidwimmer, marchand d’art local et membre du parti national-socialiste, évalue le Pissarro et l’achète. Il verse 900 reichsmarks, une somme bien en-deçà de la réelle valeur du tableau, sur un compte auquel Lilly n’a pas accès. Elle obtient son visa et s’enfuit avec son mari en Angleterre. En septembre, les nazis envahissent la Pologne, c’est le début de la guerre. La sœur et la mère de Lilly sont déportées puis tuées à Auschwitz.

Pour Jonathan Petropoulos, éminent spécialiste de l’art spolié par les nazis, qui travaille sur le dossier Cassirer depuis vingt ans, les juifs comme Lilly étaient terrifiés et n’avaient aucun moyen pour tenir tête aux évaluateurs nazis chevronnés tel Scheidwimmer. «Pour Lilly, il fallait quitter le pays le plus vite possible et elle avait un requin face à elle», explique-t-il. Alors que Lilly s’enfuit en Angleterre, Claude est en voyage en France avec un ami de son école anglaise. « Mon père a toujours dit que c’était pour apprendre à mieux parler français, mais vous pouvez être sûr qu’ils couraient après les filles », raconte David, son fils. Claude, encore adolescent, est arrêté par la police de Vichy puis interné dans le désert marocain, près de Casablanca, où il contracte une fièvre typhoïde. C’est l’avancée des Alliés en Afrique du Nord qui le sauve, et il embarque sur un navire à destination des États-Unis.

 
Terrifiés, les juifs comme Lilly Cassirer-Neubauer n’avaient aucun moyen pour tenir tête aux évaluateurs nazis.
 

Après une convalescence dans un hôpital de New York, Claude s’installe à Cleveland. Il y épouse Beverly, qui deviendra photographe. De son côté, Lilly commence après la guerre à rechercher le tableau, engage un avocat en Allemagne et se fait connaître des autorités allemandes d’après-guerre comme étant redevable de réparations pour le vol. Dans une réclamation officielle datant de décembre 1948, Lilly annonce que le tableau avait atteint 85000 reichsmarks lors d’une vente aux enchères à Berlin, peu après que Scheidwimmer l’avait réquisitionné, et que ceci constituait une « confiscation majeure ». La demande de Lilly donnera lieu à une longue bataille judiciaire en Allemagne, d’autant plus compliquée que Scheidwimmer avait « échangé » l’œuvre de Pissarro avec une deuxième famille juive avant qu’elle ne soit à nouveau confisquée par les nazis. En 1958, les parties parviennent à un accord: l’Allemagne verse à Lilly 120000 deutschmarks (environ 230000 euros d’aujourd’hui), selon une estimation du tribunal, une partie de cette somme étant destinée à la seconde famille juive.

Toutefois, selon David Cassirer, sa famille n’a jamais pensé que cette décision mettait fin à sa demande. À sa mort, Lilly a laissé les droits sur le tableau à Claude, qui a toujours continué à s’interroger sur sa localisation et à en parler à son entourage. D’après ce qu’il savait, le tableau avait disparu après une vente aux enchères nazie. Jusqu’au jour, fin 1999 ou début 2000, où il reçut un appel d’une amie new-yorkaise, Anne Groves.

Aujourd’hui âgée de 88 ans, Anne Groves raconte qu’elle débarrassait son salon avant l’arrivée d’invités lorsqu’elle a retrouvé un vieil ouvrage répertoriant nombre des tableaux de Pissarro et leur emplacement dans le monde. « C’est par hasard si je suis tombé dessus ! » Elle téléphone alors à Claude et il lui envoie par fax la copie d’une vieille image en noir et blanc du tableau de Lilly. Pour Anne Groves, la photo correspond à l’un des tableaux du livre. Sentiment partagé par Claude lorsqu’il consulte à son tour l’ouvrage. « Le livre disait que le tableau appartenait au baron Thyssen et qu’il se trouvait à Lugano, en Suisse, où il vivait. »

 
Dans un magazine, une photo montre le tableau de Lilly accroché dans les appartements privés du baron.
 

Né à La Haye en 1921, le baron Hans Heinrich Thyssen-Bornemisza, ou « Heini », tirait sa fortune de l’industrie métallurgique allemande. Son grand-père, August, avait fondé une aciérie dans la Ruhr, qui deviendra le groupe Thyssen AG puis Krupp Thyssen AG en 1999, amassant un gigantesque capital dont ses fils héritent à sa mort, en 1926. L’oncle de Heini, Fritz Thyssen, utilise une partie de ces ressources pour financer l’ascension d’Hitler – il condamnera plus tard ses propres accointances avec le régime nazi. Quant au père de Heini, Heinrich Thyssen, il s’était installé en Hongrie et avait épousé la fille d’un baron sans descendance masculine, il prend le nom Thyssen-Bornemisza et hérite du titre de son beau-père. Il s’installe ensuite aux Pays-Bas puis en Suisse où, en 1932, il achète un manoir palatial sur les rives du lac de Lugano: la Villa Favorita. Il constitue également une impressionnante collection d’art avec des œuvres de maîtres anciens. À sa mort, en 1947, Heini hérite d’une partie de cette collection avant de la continuer. Lorsqu’il s’éteint à son tour, en 2002, c’est la deuxième plus importante au monde après celle de la famille royale britannique.

D’après les experts de la collection Thyssen-Bornemisza, le baron achète en 1976 quatre œuvres d’art à la Stephen Hahn Gallery de New York, dont… le Pissarro, qui a connu une histoire trouble entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et son arrivée aux États-Unis. En juillet 1988, Architectural Digest présente la Villa Favorita dans un long article détaillant l’étendue stupéfiante de la collection d’art du baron, incluant des photographies de certaines de ses pièces les plus précieuses. L’une d’entre elles montre le tableau de Lilly accroché dans les appartements privés du baron. L’article indique que le baron « jongle constamment avec les propositions qui arrivent à Lugano du monde entier pour l’aider à décider de l’avenir de sa collection ». Il en accepte une.

En 1993, Heini Thyssen-Bornemisza vend 775 œuvres à l’Espagne – pays natal de sa cinquième et dernière épouse – pour 350 millions de dollars. Les Espagnols investissent 45 millions de dollars supplémentaires dans la rénovation d’un palais du début du xixe siècle, près du musée du Prado, à Madrid, pour abriter et mettre en valeur la collection: le Museo Nacional Thyssen-Bornemisza. Heini est encore en vie lorsque Claude trouve le tableau de Lilly dans le livre de Pissarro, mais plus lorsqu’un procès est intenté en 2005, ce qui laisse une question sans réponse: que savait-il de l’histoire du Pissarro lorsqu’il l’a acheté ?

Les affaires concernant des œuvres d’art pillées par les nazis sont rarement tranchées. Nombre d’entre elles reposent sur les histoires reconstituées d’une génération de juifs dont les foyers et les archives familiales ont été détruits sous le Troisième Reich. Le cas des Cassirer est particulier, notamment parce que « Lilly est partie avec toutes ses malles pleines de photos et de documents, avance son arrière-petit-fils. Peu après, plus personne n’a pu partir. » Particulier ne signifie pas simple pour autant : en effet, l’affaire a soulevé des questions juridiques complexes, obligeant les juges à jongler avec des lois contradictoires établies dans des territoires différents.
 

Les deux parties ont engagé des experts aux références irréprochables pour étayer leurs positions.
 

En Californie, les voleurs ne peuvent transmettre le titre de propriété d’un bien dérobé à des acheteurs ultérieurs. En Espagne, les acheteurs peuvent obtenir la propriété d’un bien volé s’ils l’ont acheté de bonne foi – sans rien savoir de sa provenance douteuse donc – et s’ils le possèdent pendant un certain nombre d’années sans contestation. Les Cassirer soutiennent que le baron et le musée savaient ou auraient dû savoir que le tableau avait été pillé, et qu’ils ont l’obligation de le restituer. Le musée affirme qu’il ne savait pas et maintient son titre d’acheteur de bonne foi en vertu de la loi espagnole. Les deux parties ont engagé des experts aux références irréprochables pour étayer leurs positions.

Jonathan Petropoulos, professeur d’histoire européenne au Claremont McKenna College, en Californie, travaille depuis plus de quarante ans sur la question des objets d’art pillés par les nazis. Auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, il a fait valoir, au nom de la famille, que le baron et les experts du musée auraient clairement su que le tableau avait été pillé – ou du moins qu’il était suspect et méritait un examen plus approfondi –, étant donné les trous béants dans l’historique de sa propriété après la guerre, et la présence d’une étiquette partielle de la galerie Cassirer au dos du tableau. Pour Petropoulos, le baron était l’un des collectionneurs d’art les mieux informés au monde et il aurait dû savoir comment identifier les œuvres d’art volées. Il employait des experts mais s’intéressait souvent personnellement aux tableaux qu’il achetait, et était parfaitement conscient des problèmes en jeu, d’autant plus qu’il descend d’une famille allemande ayant des liens embarrassants avec les nationaux-socialistes.

Lynn H. Nicholas, qui a également étudié les pillages nazis pendant des décennies et travaillé comme experte pour le musée, a plaidé le contraire. Elle affirme que les informations concernant la propriété de la famille Cassirer et la vente « forcée » du tableau par Lilly à Scheidwimmer n’étaient pas si facilement accessibles au moment de l’achat par le baron, en 1976, ou lors de l’acquisition par le musée en 1993. Selon elle, il n’existait pas de « signaux d’alerte » concernant la provenance du tableau.

En 2019, le juge américain John F. Walter a lui estimé que le baron aurait dû prendre des mesures supplémentaires pour enquêter sur l’histoire du tableau. Cependant, n’ayant pu prouver que le baron ou le musée avait une « connaissance réelle» de la spoliation du Pissarro, le titre de propriété du musée a été jugé valide en vertu de la loi espagnole. Le juge Walter a noté que l’Espagne avait signé de nombreux accords internationaux pour la restitution des œuvres pillées par les nazis, mais il a écrit qu’il ne pouvait pas forcer le gouvernement du pays «à se conformer à ses engagements moraux ».

 
Les deux parties ont engagé des experts aux références irréprochables pour étayer leurs positions.
 

Au fil des ans, les avocats du musée Thyssen-Bornemisza ont minimisé la nature pénible de l’épreuve subie par Lilly. Ils ont laissé entendre que le Pissarro avait été vendu – et non volé – dans le cadre d’une transaction au cours de laquelle Scheidwimmer avait aidé Lilly à quitter l’Allemagne avec d’autres objets d’art précieux. Ils ont soutenu que le paiement de restitution que Lilly avait reçu du gouvernement allemand après la guerre, alors que le tableau était toujours introuvable, marquait la fin de l’histoire. La famille Cassirer, ses avocats et les organisations juives affirment que ces arguments ont non seulement été rejetés par les tribunaux, mais qu’ils sont également insultants, car ils exploitent le dangereux stéréotype de la cupidité juive, en suggérant que la famille cherche à être payée deux fois.

En 2021, le litige a été porté devant la Cour suprême des États-Unis. Les Cassirer ont fait valoir que les autres juridictions avaient appliqué à tort la loi espagnole plutôt que la loi californienne. L’année suivante, la Cour suprême leur a donné raison, renvoyant l’affaire devant une cour d’appel américaine pour qu’elle la réexamine. David Cassirer était optimiste. Mais en janvier, la cour a estimé que même la loi californienne exigeait que l’on fasse preuve de déférence à l’égard de l’Espagne et que cette dernière devait conserver le tableau. L’une des trois juges, Consuelo Callahan, soulignait alors que la décision était juridiquement correcte mais allait à l’encontre de sa « boussole morale ».

 

 

Sur son site web, le musée madrilène indique que l’affaire est close et que le tableau fait partie de sa collection permanente. David Cassirer a de son côté déclaré que sa famille gardait espoir et qu’elle avait demandé à un groupe d’appel élargi de se pencher sur l’affaire. Selon lui, une victoire servira d’avertissement pour les détenteurs de biens pillés du monde entier et aidera d’autres héritiers spoliés qui se battent pour récupérer des biens volés.

Une coalition de groupes juifs et d’organisations juridiques a également demandé un réexamen, arguant que la décision en faveur du musée perpétue la « minimisation de l’Holocauste » et « transforme les horreurs du nazisme en une transaction commerciale ordinaire ». « Un tel résultat juridique ne peut être toléré, a écrit la coalition. L’art pillé par les nazis est un bien volé et entaché à jamais jusqu’à ce qu’il soit restitué à ceux à qui il a été volé ou à leurs héritiers. Point final. » David Cassirer se demande d’ailleurs pourquoi le gouvernement espagnol ou un musée d’art aussi important voudrait d’une peinture volée à des juifs fuyant les camps de la mort et jamais restituée. Pour lui, «le comportement de l’Espagne pendant près de vingt-cinq ans, depuis que nous l’avons approchée pour la première fois afin de récupérer l’inestimable héritage de notre famille, est très clairement contraire au bon sens et à la décence» – ce que les juifs européens de la génération de son père auraient appelé une shanda, une « profonde honte » en yiddish.

Il espère toujours que le tableau sera rendu. Si c’est le cas, les prochaines étapes sont « déjà coulées dans le béton ». « Mon père avait des souhaits très précis », détaille David Cassirer, expliquant qu’une fois le tableau vendu aux enchères, les frais d’avocat et autres obligations réglés, il créerait et dirigerait une fondation destinée à aider d’autres familles dans le besoin et à soutenir des groupes de défense des droits civiques et d’autres organisations importantes aux yeux de ses parents. Les personnes qui ont été spoliées d’œuvres d’art ou de biens de quelque autre nature figureront en bonne place sur la liste des priorités de la fondation: « Il est crucial que personne ne puisse conserver ce qui a été volé par les nazis aux victimes de l’Holocauste. »

 

Texte traduit et adapté de l’anglais. © LA Times

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Descendant d’une famille juive allemande, David Cassirer tente de récupérer une œuvre de Camille Pissarro volée à sa bisaïeule. Un combat qu’il livre depuis des décennies, pour son père et toutes les familles spoliées par le régime hitlérien.   Début 1939, les nazis resserrent leur emprise sur l’Allemagne, saccageant synagogues, maisons et écoles juives. Ils ne tarderont pas à construire des camps de la mort. Pour les citoyens juifs comme Lilly Cassirer-Neubauer, la possibilité de fuir le pays s’éloigne alors rapidement. En désespoir de cause, Lilly cède une peinture impressionniste de la collection d’art familiale pour obtenir un précieux visa. Six décennies plus tard, son petit-fils, Claude, installé à San Diego, aux États-Unis, fait une découverte: le tableau est réapparu en Europe, par l’intermédiaire du descendant d’une famille d’industriels allemands qui a contribué à financer l’ascension au pouvoir d’Adolf Hitler. David Cassirer, l’arrière-petit-fils de Lilly, attend désormais le verdict d’une longue bataille juridique pour récupérer le tableau, qui se trouve dans un musée espagnol. L’œuvre, une peinture de Camille Pissarro, est estimée à plusieurs dizaines de millions de dollars. Il ne s’agit pas seulement d’une question d’argent mais aussi d’un héritage familial et d’un conflit entre la loi et la morale. Du début des années 1930 à jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont volé quelque 650000 œuvres d’art. Nombre d’entre elles n’ont jamais été retrouvées; pour d’autres, les procédures font rage. Et si chaque affaire est unique, une victoire juridique décisive pour l’un profite souvent à beaucoup…

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