Deuxième volume d’une tétralogie élémentaire, Aqua utilise la question de l’eau pour offrir une micro-comédie humaine. Après Humus, couronné par le prix Interallié en 2023, voilà que Gaspard Koenig se penche sur l’eau avec Aqua, deuxième volet d’une tétralogie romanesque sur les éléments fondamentaux. Dès la première page, le passage de relais d’un élément à un autre est assuré au détour d’une phrase : « Elles [les gouttes] se faufilent patiemment à travers l’humus, chassant l’air de chaque interstice (…) ». Les pages inaugurales du roman envoûtent : on suit le parcours des gouttes, des molécules d’eau, en Normandie, dans un village comme il en existe tant ; à ceci près que Saint-Firmin possède une source et fonctionne en autarcie pour l’adduction d’eau. C’est tout l’enjeu du livre et des guéguerres municipales dans ce Clochemerle de l’Orne dont les habitants ont le choix entre un raccordement au réseau intercommunal et l’autonomie. Un haut fonctionnaire, Martin Jobard, tenant d’une vision jacobine de l’État et neveu du maire sortant, échoue dans sa tentative de se faire élire à la mairie. C’est une Roumaine, Maria, qui le coiffe au poteau, en faisant campagne pour l’autarcie aquatique… Mais le climat change, les sécheresses s’enchaînent dans cette Normandie méconnaissable, donnant à ce roman ses plus belles pages : « Toute vie s’est tue. Les 40 degrés ont bâillonné le bocage », et encore « Le sol est jonché de feuilles rousses qui n’auraient jamais dû tomber si tôt. Les saisons se mélangent. ». Si bien que, un jour, le village se trouve confronté à de…



