Le Hongrois László Krasznahorkai a été distingué par l’Académie suédoise en 2025. Retour sur son œuvre. J’avais coupé avec la lecture depuis quelques mois. C’est à cause de l’écriture, ça vous prend la tête et le temps. Ce week-end, seul chez Lou, débarrassé d’un pesant manuscrit, j’en avais enfin, du temps. Il faisait froid et il pleuvait. Ciel tout gris, basse lumière, comme une sorte d’enveloppe tragique qui enserre la ville et vous fait douter qu’il put, un jour, ici faire beau. Je suis allé à la librairie, et j’ai acheté La Mélancolie de la résistance et Tango de Satan, deux romans de László Krasznahorkai, le prix Nobel de littérature 2025. Je connaissais un peu cet écrivain, indirectement, grâce à Béla Tarr, cinéaste, lui aussi hongrois, adepte du long plan séquence, et qui, depuis son terrible Le Cheval de Turin (2011) s’est à peu près retiré du monde des images (je dis à peu près car il donne, je crois, des cours, et a notamment formé László Nemes), considérant que l’essentiel de son œuvre avait été dit, projeté, et qu’à partir de ce point précis, irréversible, il ne pourrait que se répéter. Or, Béla Tarr, a soit adapté les romans de Krasznahorkai (Tango de Satan, ou Les Harmonies Werckmeister), soit a coécrit les scénarios avec ce dernier. Comme à Montreuil, où je me trouve, sous une couette bien épaisse et bien chaude, il pleut toujours dans les romans de Krasznahorkai. Dans le Tango, une petite coopérative vivote tandis que les…



