Dans la mythologie grecque, la princesse Europe ne se méfie pas quand un taureau blanc, travestissement de Zeus, se couche et l’invite à monter sur son dos pour l’enlever. Deux millénaires et demi plus tard, le président américain Donald Trump n’a pas une approche aussi sophistiquée pour parvenir à ses fins. Tel un alcoolique violent, sujet à des sautes d’humeur, il n’hésite pas à maltraiter l’Europe, qui pleure, qui l’implore, qui essaie de le cajoler, qui obtient un répit avant d’être de nouveau frappée.
L’histoire n’est qu’une succession de crises, qui ont pour point commun de faire surgir des monstres. Comme l’a bien analysé Antonio Gramsci (1891-1937) dans ses Cahiers de prison : « La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés. »
Nous sommes dans ce clair-obscur et nul ne peut prédire ce que sera le monde qui vient. Les bouleversements à l’œuvre depuis quelques décennies – globalisation et financiarisation de l’économie, développement des technologies numériques – ont provoqué une montée des nationalismes.
Sommes nous revenus au début du xxe siècle ? Sommes-nous replongés dans les années 1930 ? Les dirigeants populistes actuels, en particulier Donald Trump, ne sont pas de nouveaux Hitler ou Mussolini mais ils adoptent leurs techniques pour maîtriser leurs peuples : propagande, contrôle des médias, police secrète (ICE est calquée sur la Sturmabteilung). L’objectif de ces nouveaux maîtres est de convaincre les citoyens que la réalité n’est pas celle qu’ils perçoivent et endurent, mais celle qui leur est contée, en novlangue illustrée d’images générées par intelligence artificielle.
La résistance peine à s’organiser car la population demeure dans un état de sidération face aux initiatives des populistes prêts à tout pour exercer leur emprise. La situation est telle qu’on ne peut malheureusement plus exclure un conflit d’ampleur. Trump ne s’arrêtera pas au Groenland ; Xi Jinping veut s’emparer de Taïwan et d’autres territoires ; Poutine rêve de rebâtir la « Grande Russie », etc. Les germes des conflits futurs sont bel et bien présents.
Comment échapper à cet engrenage ? La nouvelle génération, peut-être moins éruptive que les aînés qui manifestaient contre la guerre du Viêtnam ou qui lançaient des pavés en 1968, a les cartes en main. C’est à elle qu’incombe la responsabilité d’imaginer le monde de demain, où les valeurs cardinales de liberté et d’équité s’épanouiraient au sein d’un environnement protégé.
Elle doit utiliser les moyens de communication dont elle dispose pour subvertir le nouvel ordre que veulent imposer les monstres. La jeunesse peut, en refusant de baisser la tête et d’entrer dans le moule, provoquer une révolution des mentalités, en obligeant leurs parents et le reste de la société à adopter une nouvelle approche. C’est son devoir et sans doute notre unique espoir de faire reculer les monstres. ...
Dans la mythologie grecque, la princesse Europe ne se méfie pas quand un taureau blanc, travestissement de Zeus, se couche et l’invite à monter sur son dos pour l’enlever. Deux millénaires et demi plus tard, le président américain Donald Trump n’a pas une approche aussi sophistiquée pour parvenir à ses fins. Tel un alcoolique violent, sujet à des sautes d’humeur, il n’hésite pas à maltraiter l’Europe, qui pleure, qui l’implore, qui essaie de le cajoler, qui obtient un répit avant d’être de nouveau frappée. L’histoire n’est qu’une succession de crises, qui ont pour point commun de faire surgir des monstres. Comme l’a bien analysé Antonio Gramsci (1891-1937) dans ses Cahiers de prison : « La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés. » Nous sommes dans ce clair-obscur et nul ne peut prédire ce que sera le monde qui vient. Les bouleversements à l’œuvre depuis quelques décennies – globalisation et financiarisation de l’économie, développement des technologies numériques – ont provoqué une montée des nationalismes. Sommes nous revenus au début du xxe siècle ? Sommes-nous replongés dans les années 1930 ? Les dirigeants populistes actuels, en particulier Donald Trump, ne sont pas de nouveaux Hitler ou Mussolini mais ils adoptent leurs techniques pour maîtriser leurs peuples : propagande, contrôle des médias, police secrète (ICE est calquée sur la Sturmabteilung). L’objectif de ces nouveaux maîtres est de convaincre les citoyens que la réalité n’est pas celle qu’ils…