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Le sens du travail

Par Vincent Bourdeau

Mutualisation des risques ou individualisation, régulation ou libéralisation... Suivant les soubresauts de l’histoire et de l’économie, l’activité rémunérée et sa perception oscillent.
Henry Ford, au début du xxe siècle, avait jugé préférable d’améliorer le sort économique des travailleurs qu’il employait dans son usine automobile – travailleurs en qui il voyait des consommateurs potentiels – afin de susciter de leur part adhésion et loyauté à l’entreprise. Loin de prendre toute la mesure des dangers d’une orientation exclusivement économique de leur destin éthique et politique, les communautés nationales occidentales d’après-guerre ont globalement institutionnalisé à une large échelle ce compromis qui avait le mérite, à leurs yeux, d’articuler la croissance des richesses à des exigences de justice sociale, étant entendu qu’un certain confort matériel devait empêcher un retour des dérives totalitaires des années 1930, tout autant qu’écarter la tentation de recourir au communisme dont l’URSS élargissait l’assise à l’Est. Le partage de la croissance devait assurer une certaine stabilité sociale, réduire les antagonismes – en particulier de classes – dans des sociétés modernes qu’une trajectoire de développement ainsi pensée devait transformer en vastes sociétés de classes moyennes, aux écarts de richesse intranationaux relativement contrôlés.

Dans cette perspective, une forme de verticalité politique s’incarnait dans la constitution d’États providence puissants, brassant des budgets de plus en plus importants dédiés à l’éducation, à la santé, et plus généralement à la protection sociale. Avec un contexte de forte croissance et en l’absence de crise éco­nomique, un tel compromis a tenu jusqu’au mitan des années 1970. Cette orientation ne tenait pas compte d’un éclairage pourtant proposé par Karl Polanyi à la fin de la guerre, selon lequel le désencastrement de la terre, du travail et de la monnaie, transformés en marchandises fictives, avait été à l’origine de la dislocation des sociétés européennes et des fuites en avant coloniales et prédatrices depuis la fin du xixe siècle conduisant au premier conflit mondial puis au second, ce dernier attisé par le fascisme et le nazisme. Dès les premières secousses – crise pétrolière et transformation des structures du marché de l’emploi du fait de la révolution informatique –, le compromis fordiste s’est trouvé mis à mal. Retrouver de la croissance et assurer le besoin de financement de l’État ont conduit à la mise en œuvre des idées politico-­économiques défendues depuis les années 1950 par les partisans d’une libéralisation accrue de l’économie, entendue comme une émancipation des obligations de solidarité imposées par les États sociaux en pleine expansion.

Alain Supiot, qui fut titulaire de la chaire État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités, au Collège de France, a bien documenté la corrélation entre dislocation du modèle de l’État social et reflux des exigences éthiques et politiques qui avaient guidé l’établissement des grands textes juridiques au sortir de la Seconde Guerre mondiale : l’effondrement de la civilisation européenne avait conduit à vouloir redonner du sens aux coopérations humaines, aux solidarités, en particulier dans les relations industrielles. La Déclaration de Philadelphie, adoptée le 10 mai 1944, avait ainsi pour volonté d’afficher les « buts et objectifs de l’Organisation internationale du travail, ainsi que [l]es principes dont devrait s’inspirer la politique de ses membres ». Elle mettait l’accent sur la nécessaire démarchandisation du travail et la requalification de ce dernier comme vecteur de sens pour l’existence humaine, appelant à élaborer des politiques économiques aptes à mettre en valeur un « travail réellement humain ». Chaque crise est l’occasion de rappeler cette place centrale du travail comme opérateur de l’expression de soi et de l’inscription de chacun dans une société apaisée, sans pour autant que ces rappels soient suivis d’effets. La crise dite des subprimes, en 2008 a eu pour conséquence paradoxale de stigmatiser les freins étatiques à la libéralisation de l’économie, tandis que la crise du covid, malgré l’annonce d’une réflexion politique à mener en profondeur sur le sens du travail et sur le rôle des professions essentielles, a abouti à une méfiance de plus en plus généralisée vis-à-vis de ceux et celles qu’on considère comme réfractaires à toute contribution économique par le travail – que lesdits réfractaires soient malades ou chômeurs.

 

Dans les années 1980, un nouveau mode de gouvernement s’est en effet imposé. Il repose sur une volonté de donner de l’autonomie aux acteurs et une certaine souplesse aux structures, jugées rigides, du marché du travail. D’une part les gouvernements libéraux qui accèdent au pouvoir – dont les plus célèbres sont Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher au Royaume-­Uni – entendent faire de l’État un simple instrument au service du marché, d’autre part les gouvernements du bloc soviétique s’effondrent un à un à la fin de la décennie. Les gouvernements socio-­démocrates en Europe font leur aggiornamento, actant en France un tournant de la rigueur (1983) et ailleurs une nécessaire adaptation à une société du risque. Le paradigme assurantiel devient dominant dans la gestion des rapports sociaux, de même que la financiarisation des États qui titrisent leurs dettes et intériorisent les exigences d’une rentabilité actionnariale.

Du côté de l’emploi, on cherche à lever les verrous qui ossifient les relations industrielles, en vantant la « flexisécurité », à savoir une flexibilité accrue du marché du travail assortie d’accompagnements dans le retour à l’emploi, ce qui suppose contrôle et régulation des individus. La question du sens du travail, la redéfinition de la justice sociale à partir d’une critique de l’organisation de l’activité de production sont dès lors laissées à l’arrière-­plan d’un modèle qui a pu être qualifié d’ultra­libéral dans le sens où il misait sur les relations interindividuelles, la contractualisation, l’initiative, sans se soucier des garde-fous que constituait originairement la figure de l’État garant d’une loi chargée de protéger les personnes et d’incarner un sens collectif à donner aux orientations sociales, voire une dimension de préservation de choses sacrées. L’État en qui devait s’imprimer la trajectoire collective des communautés politiques devient dès lors un empêcheur de tourner en rond. Ce contexte a vu se creuser aussi bien les inégalités sociales que les fractures environnementales dont la logique assurantielle et compensatrice – à partir du rapport Brundtland (1987) et du Sommet de la Terre à Rio (1992) – entendait proposer une lecture en termes de coûts/bénéfices que l’emballement des crises écologiques rendait pourtant de plus en plus hasardeuse.

Loin d’être fondées sur la centralité d’un travail humain et d’avoir fait émerger de vastes classes moyennes, les sociétés occidentales connaissent aujourd’hui un retour de la catégorie de rentiers dont Keynes pronostiquait l’euthanasie dans les années 1930. Certains sociologues n’hésitent plus dès lors à décrire les classes moyennes comme victimes d’une « spirale du déclassement », spirale renforcée par la place à nouveau déterminante des patrimoines dans le fonctionnement de l’économie de nos sociétés : la possession d’un capital (mobilier ou immobilier) joue un rôle déterminant dans les trajectoires sociales, dans l’accès à la propriété privée notamment, accès que ne permet plus la seule rémunération du travail, du moins dans certaines grandes agglomérations. Pourtant, en 1988, Henri Mendras pouvait encore évoquer l’idée d’une « seconde Révolution française », à savoir une révolution qui devait voir se reconfigurer sociologiquement la France, devenue vaste démocratie de classes moyennes dont la toupie donnerait la meilleure image selon lui. Une élite numériquement faible et des classes défavorisées elles aussi très réduites en nombre auraient laissé la place à une « constellation centrale », c’est-à-dire une vaste classe moyenne globalement acquise aux valeurs montantes du marché, de l’autonomie individuelle, de la déconcentration des pouvoirs et du reflux de l’État. En une petite trentaine d’années, on est passé d’un diagnostic qui actait l’entrée heureuse de la société dans la mondialisation et la sortie du modèle paysan, si prégnant encore tard dans le siècle, à une sortie de route qui n’avait guère été prévue.

 

Ce contexte d’inquiétude permanente sur le devenir économique des sociétés – que les crises de 1989, 1998 et 2008, pour ne citer que les plus importantes à l’échelle mondiale, ont alimenté de manière régulière – bouche l’horizon de sens en réduisant ce dernier au souci de la seule préservation de soi, au point qu’aujourd’hui ne sont plus tenus au sujet de cette société de classes moyennes que deux types de discours, l’un qui regrette leur gloire passée (qu’on a peine à lire lorsqu’on se penche sur les études historiques qui les abordent), l’autre qui déplore l’égoïsme qu’elles auraient fait éclore dans les relations sociales, transformant la société en un vaste casino, une Bonne paye ou un Monopoly grandeur nature.

La focalisation sur la croissance économique, assortie d’un détricotage des régulations étatiques et d’une inertie face aux détériorations de l’environnement, participe d’une même fascination pour le progrès scientifique et technique, nourrie par les espoirs démesurés que l’on a pu placer en lui. Cette alchimie du progrès tient à ce qu’un spécialiste en histoire environnementale a pu décrire comme une désinhibition moderne qui a accompagné depuis ses premiers balbutiements l’histoire de nos sociétés industrielles, désinhibition parfois déguisée sous le nom de culture du risque, dont on aurait tort de croire qu’elle est un phénomène nouveau actant une réflexivité enfin advenue apte à prendre en charge les effets négatifs dudit progrès. Ce sont bien plutôt des stratégies de mise en finance du risque, selon une gouvernance par les nombres, qui sont désormais à l’œuvre.

Ce contexte acte une transformation de notre rapport au travail dont les premiers symptômes sont déjà anciens puisque les premières lois sociales d’encadrement des relations industrielles ont été forgées autour de la notion d’accident du travail et de risque professionnel (Loi du 9 avril 1898 qui pose le principe de la responsabilité sans faute de l’employeur avec indemnisation forfaitaire sous régime assurantiel). La socialisation du risque se traduit en une juridicisation aveugle de la catastrophe qui prend la forme, dans les faits, d’une patrimonialisation des droits. Cette dernière entre en tension avec une vision solidariste des rapports sociaux, en particulier dans le monde du travail. Si la société du risque, au sens où l’entend Ulrich Beck, n’a pas eu lieu c’est précisément du fait que le travail est considéré comme une variable de l’accroissement du profit et qu’il s’agit plutôt de gérer en conséquence sa mise en œuvre plutôt que de trouver les formes sociales dans lesquelles il pourrait donner la pleine mesure des attentes que l’humanité a par ailleurs placées en lui. Ces attentes en font une activité conçue moins comme un simple facteur de production que comme un vecteur de l’émancipation personnelle et sociale.

 

L’individualisation des trajectoires sociales – à quoi l’on associe l’avènement d’une société moderne composée de sujets en charge de leur devenir et de leur responsabilité – fait peu de cas de l’inscription fondamentalement sociale de toute existence humaine, ce que la définition aristotélicienne, « l’homme, animal politique », résume dès le ive siècle avant notre ère. Le ζῷον πoλιτικόν – insistant sur le caractère social ou politique de l’homme – met l’accent sur l’idée d’une réalisation de soi inscrite dans la relation à l’autre. Dans un contexte, celui de la cité antique, où le travail est en partie secondarisé s’agissant de ce que l’on juge être les formes d’accomplissement de soi, c’est l’activité politique qui est perçue comme le terrain le plus propice à l’épanouissement humain. Cette activité ne saurait se penser en dehors de relations entre égaux (inter pares), ce qui faisait dire à Aristote qu’en tout il faut préférer le milieu et que les classes moyennes, garantes d’une égalité dans les rapports socio-­politiques, étaient le ferment d’une société apaisée et juste. Mais si l’idéal politique des sociétés antiques laissait aux frontières du monde de la liberté civique l’activité du travail, tel n’est plus le sort qui est réservé au travail après la Révolution française et dès auparavant à l’époque moderne, au xviie siècle. Le lien entre travail, réalisation de soi et position sociale est au cœur de la philosophie politique des modernes : le philosophe John Locke voit ainsi dans le travail l’aiguillon naturel des appropriations légitimes et il considère précisément que, dans un monde qui a conventionnellement introduit la monnaie, il revient à l’État de réguler les activités sociales afin de permettre l’expression de chacun par son travail.

De façon plus marquée encore, et sans doute sous les effets d’une révolution industrielle (le mot apparaît en France dans les années 1830 sous la plume de l’économiste Adolphe Blanqui) qui en perturbe le fonctionnement, c’est à une première défense politique du monde de l’artisanat que l’on assiste au cours du XIXe siècle. L’artisan, propriétaire de ses outils, en possession d’un savoir-faire, incarne une forme d’indépendance que l’on peut associer à l’idéal politique moderne qui veut que l’on soit son propre maître. Mais l’artisan ne se conçoit pas sans l’atelier, espace coopératif où peuvent se discuter en face à face les formes de l’autorité, ainsi qu’a pu le rappeler le sociologue américain Richard Sennett. L’atelier est synonyme d’attachement à un métier, une profession ou corporation, qui structurent le rapport que l’on entretient à soi et qui passe par la reconnaissance et la coopération avec des pairs respectueux des normes qui garantissent la qualité des réalisations, en une éthique du travail bien fait où se jouent les noces du travail (plutôt que du risque) et de la politique. Il n’est plus question ici d’augmenter le profit mais plutôt sa puissance d’agir, en un geste politico-­pratique spinoziste qui relie la liberté à l’art de suivre des règles propres à l’activité que l’on mène, activité inscrite indiscutablement – c’est-à-dire, en un sens, dogmatique – dans une communauté humaine.

La représentation des classes moyennes dans nos sociétés repose sur un hiatus qui s’est durablement installé entre un métier que l’on choisit pour s’y épanouir et dont on maîtrise les conditions d’exercice et un emploi que l’on subit en en acceptant les compensations (un salaire, une protection sociale dans le cadre d’un salariat qui se développe dans la seconde moitié du xixe siècle). Pour le dire encore autrement, cette représentation suit un trajet qui a conduit de la revendication initiale du « droit au travail » en 1848 à sa traduction en « droit du travail » à la fin du xixe siècle. L’historien Alain Cottereau a pu ainsi mettre en lumière la déperdition, dans cette trajectoire, d’un bon droit ainsi que la perte d’une forme d’autonomie au travail ou du moins d’une certaine maîtrise du processus de production du fait que, payés à la tâche plutôt qu’à l’heure travaillée, les artisans demeurèrent tard dans le siècle en partie maîtres de ce processus avec un pouvoir de contestation des conditions qui leur étaient imposées, contestations via des arbitrages au sein de tribunaux de prud’homme dont la jurisprudence s’avérait plutôt à leur avantage. Sans doute un tel fonctionnement concernait-il certains groupes seulement de travailleurs, plutôt situés au milieu de l’échelle sociale, au sein d’un artisanat doté de qualités et habiletés rares, d’un savoir-faire non substituable pour le dire dans les termes de l’économie contemporaine. La plupart des révoltes politiques de la première moitié du xixe siècle sont attribuables à ce qu’on a pu désigner comme un peuple ouvrier.

Dans cet univers persiste une culture des liens sociaux – très active dans un compagnonnage qui n’a pas disparu avec l’abolition des corporations sous la Révolution, le langage de ces dernières travaillant toujours au demeurant les représentations du monde social chez ces ouvriers. Ce langage se déploie au sein d’une éthique du travail bien fait et à partir d’un souci de la transmission : permettre à autrui d’accéder aux habiletés qui autorisent l’expression de soi dans son travail. Il y a là un fondement politique du travail, un travail qui cesse d’être perçu uniquement comme un asservissement. Ce fondement politique se retrouve dans les métiers du lien qui vont nourrir l’augmentation massive des classes moyennes au sortir de la Seconde Guerre mondiale dans des professions qui se déploient dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’accompagnement social.

La philosophie sociale et politique de la période qui suit la Révolution française permet d’aborder avec des lunettes anciennes et neuves à la fois la situation contemporaine du travail : comment, dans un monde qui individualise le rapport au travail, qui arrime ce dernier à sa seule dimension économique et rétributive, donner encore un sens à ce que nous accomplissons quotidiennement ? Comment aborder collectivement la question du « sale boulot » – selon l’expression du sociologue américain Everett Hughes – à l’heure où se multiplient les emplois dégradés et où se rejouent des formes inégalitaires et bien souvent racialisées de délégation de ce qui est décrit par Katia Genel comme le labeur, ce travail qui contribue à mettre en œuvre les conditions mêmes de possibilité de l’activité économique ? Comment, dans cet univers du travail haché, les classes moyennes sont-elles devenues le symbole de cette fracturation du social et du repli sur soi ? Telles sont les questions que ce rapport entend éclairer.

Dans ce tableau problématique, les conceptions républicaines du travail ont tendance à être occultées, alors même qu’elles pourraient être au cœur d’une lecture politique renouvelée du fonctionnement de la cité moderne. Ces conceptions mettent l’accent sur les dimensions sociales et économiques de la république en leur redonnant un sens politique. L’ambition de forger une société de citoyens égaux peut se lire dans une compréhension nouvelle d’une républicanisation de la société et de ce qui en est le moteur, le travail. 

Vincent Bourdeau est enseignant chercheur en philosophie sociale et politique Université Marie et Louis Pasteur – UR 2274, Logiques de l’agir. Il vient de publier Pourquoi avons-nous besoin des classes moyennes ? chez Armand Colin. Il présentera en septembre son rapport « Classes moyennes et sens du travail : l’avenir de l’intégration républicaine », rédigé pour Le Cercle Bastille....

Mutualisation des risques ou individualisation, régulation ou libéralisation... Suivant les soubresauts de l’histoire et de l’économie, l’activité rémunérée et sa perception oscillent. Henry Ford, au début du xxe siècle, avait jugé préférable d’améliorer le sort économique des travailleurs qu’il employait dans son usine automobile – travailleurs en qui il voyait des consommateurs potentiels – afin de susciter de leur part adhésion et loyauté à l’entreprise. Loin de prendre toute la mesure des dangers d’une orientation exclusivement économique de leur destin éthique et politique, les communautés nationales occidentales d’après-guerre ont globalement institutionnalisé à une large échelle ce compromis qui avait le mérite, à leurs yeux, d’articuler la croissance des richesses à des exigences de justice sociale, étant entendu qu’un certain confort matériel devait empêcher un retour des dérives totalitaires des années 1930, tout autant qu’écarter la tentation de recourir au communisme dont l’URSS élargissait l’assise à l’Est. Le partage de la croissance devait assurer une certaine stabilité sociale, réduire les antagonismes – en particulier de classes – dans des sociétés modernes qu’une trajectoire de développement ainsi pensée devait transformer en vastes sociétés de classes moyennes, aux écarts de richesse intranationaux relativement contrôlés. Dans cette perspective, une forme de verticalité politique s’incarnait dans la constitution d’États providence puissants, brassant des budgets de plus en plus importants dédiés à l’éducation, à la santé, et plus généralement à la protection sociale. Avec un contexte de forte croissance et en l’absence de crise éco­nomique, un tel compromis a tenu jusqu’au mitan des années 1970. Cette…

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