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N° 27 · avril 2024 · Bastille Café

« Le grondement des pas »

par Hélène Dorion 26 mars 2024 1 min de lecture

À l’ombre de l’orme

je lisais Rilke

une odeur de pluie passée

ne suffisait pas

à rompre l’horizon

les mots vacillaient

au-delà des années

je ne cherchais pas d’autres mains

mais la tienne      proche

sans cesse      proche

et tachée d’une encre

que je reconnais

comme lorsque tu me regardes

et que cède la distance

en un rien de temps

il y a assez de raisons de vivre

 

 

 

On entend le grondement

la tempête des années

se rapproche

avec le vol interrompu d’oiseaux

la fatigue de nos rêves

comme une blessure inguérissable

la saison à laquelle on renonce

 

 

 

Des corps flottent

à la dérive      comme

cassent nos espoirs

branches légères

après l’incendie

on arrête d’avancer

la bête que rien n’effarouche

trouble nos pas

 

 

 

On lèche les ossements de l’histoire

il n’y a pas de mot simple

dans la bouche de l’orage      pas

de repentir      on avale les sacrifices

épuise l’amour      invente

une pluie de poussières

qui remodèle la route

et ses lents brouillards

 

 

 

La branche casse lourde

se détache du monde

jamais      tu n’as été

jamais      ne seras

nuit creusant son lit

de souvenirs      et le ciel

plus loin que toujours

le cœur où nous entrons

la terre où l’ombre

et toujours

l’éclaircie des pas



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