François Cheng, la vérité de la vie
Avec « On aurait pu se rencontrer », François Cheng nous livre, comme à l’accoutumée, une réflexion profonde et poétique sur le sens de la vie. Le point de départ est une rencontre avec Léopoldine Hugo, qui lui offre un petit tableau incitant à la méditation. La descendante directe de Victor Hugo porte le même prénom que la fille du poète, morte noyée à Villequier. On imagine l’émotion de l’écrivain né en Chine qui voue un culte à la langue française et qui peut se targuer d’un long d’un long compagnonnage avec l’œuvre de Hugo.
Il voit dans le géant des lettres françaises un nouvel Orphée, dont le mythe ouvre une voie spirituelle et poétique. Son admiration se lit dans les premières pages de son livre. Il trace les grandes lignes de la vie de son illustre devancier, en citant nombre de ses poèmes. Après la mort de Léopoldine, en 1843, Victor Hugo entame la rédaction des Contemplations, que François Cheng considère comme « un extraordinaire livre de vie. »
Lui-même s’est lancé, avec « On aurait pu se rencontrer », dans une réflexion sur la vie, la mort et aussi sur la beauté à la suite de la disparition de son épouse, atteinte d’Alzheimer, après soixante ans de vie commune. Le titre du livre – une phrase prononcée par son épouse alors qu’ils évoquaient le Vieux Quartier, à Tours – nous invite à nous tourner vers l’autre. Encore plus quand on vit avec quelqu’un qui perd peu à peu sa mémoire pour être enfermé dans un « présent éternel. »
Hugo et Cheng ont plusieurs choses en commun : poètes, membres de l’Académie française, et surtout attachés à la vie de l’âme. Ils ne voient pas la mort comme une fin, comme une ouverture sur le néant. Ils veulent faire relier les vivants et les morts.
François Cheng nous offre divers poèmes qui nous permettent de rechercher, avec lui, la vérité de la vie.
Je suis le messager de la vie
Car à la vie j’ai dit oui.
Je vais là où l’amour est
Source qui jamais ne tarit.
Pour paraphraser une de ses sentences dans ce livre, « Vous doutez de l’âme ? Eh bien, lisez François Cheng ! »
On aurait pu se rencontrer
François Cheng
Ed. Albin Michel