Une épopée des animaux et des humains
À l’occasion des 400 ans du Muséum national d’histoire naturelle, un ouvrage nous entraîne à la découverte de l’histoire et des collections de cette institution.
Cette année, le Muséum national d’histoire naturelle fête ses 400 ans. Voyages extraordinaires vous embarquera dans un récit qui, plus qu’un livre anniversaire, se lit comme une folle exploration du vivant. Vous voyagerez en compagnie de deux guides d’exception : Nicolas Gilsoul, architecte, docteur en sciences, professeur et paysagiste, et Jacques Cuisin, délégué à la conservation et à la restauration du Muséum.
Ces deux amoureux de nature ont sillonné, pendant des années, ce lieu que l’on nomme « MNHN », de son petit sigle. Sous toutes ses coutures, ils ont observé le Jardin des Plantes, situé dans le 5e arrondissement de la capitale. Ils ont parcouru les serres, fouillé les coffres et les sous-sols de cette institution qui héberge, sur 12 sites, près de 2 500 personnes, dont 600 chercheurs, et une collection unique au monde d’animaux naturalisés.
Éléphants, rhinocéros, girafes, mésanges, lémuriens, baleines bleues, hyènes… Plus de 100 000 animaux à plumes, à poils et à écailles peuplent le MNHN. Cet incroyable bestiaire provient d’expéditions, de trocs, de trésors de guerre, mais aussi de dons et legs de collectionneurs privés – des obsessionnels. Toute leur vie, ces passionnés ont amassé des crevettes, des crabes, des insectes et d’autres petites bêtes, en des collections prodigieuses, finalement léguées, dans un objectif d’étude et de présentation au public. À chacun ses kinks.
Cette déambulation muséale, à la manière de Ma nuit au musée, n’est qu’un prétexte à quelque chose de plus grand, à un voyage dans le temps aux côtés des expéditions scientifiques et naturalistes grandioses ayant marqué leur temps ; de Jean-François de La Pérouse à Louis-Antoine de Bougainville en passant par Nicolas Baudin et Jean-Baptiste Charcot. « La science aurait décrit près de 2 millions d’espèces. Certains estiment qu’il en reste 30 millions à découvrir », rappelle Nicolas Gilsoul. Le Muséum est le sarcophage de cette connaissance.
Au fil des pages, l’extinction de la biodiversité nous saute aux yeux. La catastrophe environnementale que nous traversons prend corps devant ce dodo naturalisé. Connaissez-vous la triste histoire de la tourte voyageuse ? Cet oiseau, autrefois abondant aux États-Unis, a littéralement disparu au début du xxe siècle, pris en étau entre la chasse excessive et la destruction de ses habitats. Même drame en passant devant un grand pingouin, espèce disparue au xixe de la main même… de l’humain.
Ces animaux martyrs ont fait couler l’encre des romanciers, s’inscrivant dans un courant littéraire autrefois niche et désormais en plein boom : le nature writing. Le Muséum national d’histoire naturelle est leur matrice littéraire. « Depuis quatre siècles d’aventures scientifiques cette curiosité pour la nature n’a cessé de croître et révolutionne encore chaque jour notre regard sur la vie. » Pour le meilleur et, trop souvent, pour le pire.
