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L’important c’est le kamikaze

Par Jimmy Le Bigaut - Illustration Joachim Romain

Kamikaze ou Kamikazé (神風, de 神 (kami) « dieu » et 風 (kaze) « vent ») est un mot composé signifiant « vent divin » en japonais.
Ceci est une affaire de phrases.
J’entre côté livraison, des employés sont là qui fument et m’indiquent la direction. L’entrée est spacieuse comme dans tout musée, ici c’est un centre d’art contemporain. Celui de la ville de Bruxelles plus exactement. C’est mardi, jour de fermeture, mais des corps parfois passent après que je me suis présenté à l’un d’eux, et alors que j’attends sur un banc face à une salle d’exposition : cube blanc où seules figurent une imprimante fixée en hauteur et des feuilles aléatoirement dispersées sur le sol. L’imprimante imprime. Les feuilles volantes volent et se couchent sur les autres déjà couchées ou à côté. Le sol en est jonché. Il n’y a pas de régularité dans les impressions. Il arrive que l’enchaînement dure un peu, puis s’arrête pour une durée incertaine. Souvent c’est une seule impression puis un stop, net. J’entrevois beaucoup de blanc et peu de noir sur le papier. Alors que je ne cherche pas à en savoir davantage sur l’« installation », une femme aux cheveux rouges se présente chaleureusement à moi et m’indique le chemin vers mon bureau. Elle est ma maîtresse de stage, directrice artistique du Centre d’art contemporain de la ville de Bruxelles. C’est mon premier jour, 13 août 2019.
On me donne un bureau spacieux, je le partage avec une collègue rarement là. Je suis là pour observer, m’a dit la directrice artistique. Les fenêtres prennent toute la longueur de l’espace. On a vue sur le côté pair de la rue Sainte-Catherine, sur le premier étage, en plein centre de Bruxelles. Des appartements. Je vois un jeune homme à sa table et une fille qui fume dans son salon, fenêtre ouverte. Chez moi la moquette est grise et les murs sont blancs comme l’encadrement en bois éreinté des fenêtres géantes. Assis à mon bureau, je passe mon temps la tête tournée vers la droite observant ce qui se passe et ne se passe pas. Une troisième personne, vaguement dealeuse de poudre sous plastique, quelques clients, et un chat se font remarquer quand les rideaux s’écartent. Au bout du troisième jour se présente à mon bureau Hélène, responsable des publics, de retour de vacances. Ses pas sont longs et sautillants, sa frange et son carré bruns, son cou est fin, son odeur amande comme la forme et la couleur de ses yeux, son accent wallon. On rougit tous les deux la première fois qu’on se parle.
Je loue une chambre dans une grande maison à trois étages chez une vieille dame à Schaerbeek, au nord-est de Bruxelles. Elle héberge quatre autres personnes que je ne croise jamais. Nelly, la propriétaire, m’apprend qu’il y a un artiste qui occupe l’atelier dans le jardin. Je me fais discret et ne sors quasiment pas de ma chambre au premier étage. Je dispose d’un court balcon massif sur rue. Le chat de Nelly dort souvent sur mon lit. Mes soirées et mes week-ends sont en partie dédiés à la rédaction de mon mémoire de master d’histoire de l’art. Une tentative de rapprochement spatial, par l’écrit, d’œuvres choisies de Michel Nedjar (peintre et sculpteur d’art brut) et Philippe Grandrieux (cinéaste des sensations). À la fois totalement convaincu et sans aucune certitude quant à la pertinence de mon entreprise, je regarde sur mon écran des images, fixes et en mouvement, et je les imagine dans une salle d’exposition. Je vois des corps qui s’enchevêtrent dans la matière, des animaux blessés. C’est une période assez chaotique. J’ai peu d’argent, seulement une maigre bourse du Crous. Je ne cuisine pas, me nourris de pain, houmous, Brugge mi-vieux et chocolat dans ma chambre. Je dors beaucoup, je bois et me défonce un peu le week-end, ne fais que douter – j’ai l’impression d’être dans le demi-deuil d’un inconnu. La découverte de Cercle de Yannick Haenel chez un bouquiniste peu après mon arrivée m’incite à l’aventure. Sur la couverture, il y a ce sourire labyrinthique ou labyrinthe qui sourit et boude à la fois – forme étrusque à l’humeur étrange. Je m’imagine en Jean Deichel, le narrateur, débarrassé du matériel et rempli de phrases, parcourant les villes de son dénuement destroy mais nourri de ses fétiches. Il y a cette première phrase de Cercle qui revient plusieurs fois : « C’est maintenant qu’il faut reprendre vie. » Voilà. La vie consiste à trouver des phrases.
À la pause de midi quelques semaines plus tard j’accompagne Hélène dans les Marolles. Le marché sur la place du Jeu de Balle se termine, les vendeurs ramassent et laissent quelques objets derrière eux. Elle veut récupérer des morceaux de céramique pour ses travaux. Elle met les doigts entre les pavés et récupère de la matière brisée, parfois une coupelle intacte. Je tombe sur des photos en lot et d’autres éparpillées. Je les regarde à la va-vite et en choisis deux. J’offre à Hélène celle d’un lapin rose en grès posé sur une cheminée, floue et sous-exposée, presque abstraite. En rentrant en fin de journée je sors l’autre de ma poche et la pose sur la cheminée condamnée de ma chambre. J’ai l’impression de connaître l’endroit. On y voit derrière un rideau, voile quasi transparent, une partie de fenêtre et ses montants blancs, et derrière cette fenêtre c’est le dehors, puis d’autres fenêtres identiques ou presque d’un vieux bâtiment. Le cadre est serré. Format paysage. Le temps est gris. Il n’y a aucun corps. On pourrait croire à une vue de prisonnier. L’extrémité gauche de la photographie est cramée, jaune orangé, soleil déclinant. Une date est imprimée au verso du papier : 06/2009. Je l’observe de longues minutes assis sur mon lit face à elle, puis allongé en tournant la tête vers la droite. C’est après avoir mangé que je fais enfin le rapprochement. La photographie aurait été prise précisément depuis mon bureau au Centre d’art contemporain de la ville, mais du point de vue de ma collègue positionnée en face de moi et regardant sur sa gauche. Même si j’ai très envie d’y croire, je me persuade qu’une coïncidence si grande est impossible. Il doit exister des endroits similaires ailleurs.
Ma maîtresse de stage me propose de l’accompagner dans l’atelier d’un artiste mort, ami à elle. Une artiste flamande, elle vivante, prépare une exposition au Centre d’art contemporain de la ville et souhaite avoir accès aux archives de l’artiste mort. L’atelier est à Molenbeek. On s’y rend tous les trois. C’est immense. Il y a une sorte de mezzanine pour la bibliothèque. Des casiers remplis de dessins archivés au crayon, à l’aquarelle, à la gouache, de carnets. Des tableaux accrochés aux murs de briques peints en blanc. Des tableaux posés au sol. Des pots de pinceaux partout. Un fauteuil maculé. Une paire de bottes de cuir marron éclaboussée de couleurs. Un bureau avec de la documentation poussiéreuse dessus ; je vois un portrait de Céline sous des mines de plomb et un cahier parme dédié à Antonin Artaud, un appareil photo argentique avec zoom. La hauteur sous plafond d’une cathédrale. Je n’ai d’yeux que pour une phrase. Une phrase qui s’étale en capitales sur trois lignes. La phrase en blanc sur un grand fond gris brouillon ou pas tout à fait sombre. La toile rectangulaire texturée est au sol et pour moi la phrase est immense, elle touche les bords de l’endroit et s’élève jusqu’à la flèche invisible du lieu. Elle me rentre dedans comme une lame à cran d’arrêt.
IL ME FAUT À TOUT
PRIX ABANDONNER
L’ATTITUDE MAUDITE
Dès le premier regard j’emporte la phrase. On ne peut pas vraiment voler un mort ; peut-on ?J’apprends par son fils qui nous fait visiter le lieu gardé intact qu’on est chez Philippe Vandenberg, né en 1952 et mort suicidé en 2009. Il a laissé ces derniers mots, trois phrases : « Mes enfants je vous aime tellement. Je n’en peux plus de la solitude. Pardonnez-moi. » Partout dans l’atelier des phrases sauvages et d’autres domptées (des références à R. W. Fassbinder) s’agitent autour de celle qui m’intéresse. Elles ne sont pas sans effet.
Each man kills the thing he loves.
Le froid n’est toujours qu’éphémère.
Il me faut tout oublier.
Un grand amour (ne) suffit (pas).
L’intelligence n’est que la grand-mère de la mélancolie.
Je prépare la douleur de demain aujourd’hui.
L’important c’est le kamikaze.
Tuons le chien aujourd’hui et pas demain morte.
Kill them all and dance.
Let’s drink the sea and dance.
Kiss your own asses you melancolic (sic) bastards.
O mon bel ami cesses (sic) ta douleur nous les massacrerons tous.
Philippe était à la limite. À la limite de l’enfant, à la limite de la mort, à la limite du ridicule, à la limite du grave, à la limite du bonheur, à la limite de l’impossible, à la limite du facile, à la limite du génial, à la limite du fou. Il flirtait. Son atelier est à la limite de la splendeur et à la limite du chaos. Fantôme, il rôde à la limite du vent. Je l’imagine la nuit venir recouvrir de peinture des voyelles, cacher des mots, ou encadrer une consonne sur l’une de ses peintures sérielles à phrase. Sur ma phrase, pour m’indiquer le rythme. Philippe met l’accent sur, il écrit et peint à travers la matière depuis la non-densité de son corps. J’y vois un sommet d’enthousiasme. Je sors de l’atelier avec un catalogue de ses œuvres offert par son fils. Mon état tend à l’euphorie et je le camoufle bien. Enfin, je crois. Dans la voiture, je feuillette le catalogue et ma phrase n’y est pas. Heureusement que je l’ai prise en photo. Elle est dans ma poche. Mais je sais qu’elle ne sortira plus jamais de ma tête, à moins d’un gros coup de vent et ça signifiera alors que je n’en aurai plus besoin. Ma tête aura fait kamikaze et c’est là peut-être le plus important, le kamikaze, ce vent divin qui fait reset en nous, cette tempête qui éloigne des souvenirs précis. Mais à ce moment-là je ne connais pas la traduction du mot kamikaze. À ce moment-là kamikaze n’est pour moi qu’un suicide avec une ambition plus large. Pas même l’idée de dieu. Ni celle d’esprit.
Même si j’écrivais déjà un peu avant ce 5 septembre 2019, en sortant de l’atelier je sais que je dois écrire, qu’il n’y a que ça qui vaille, l’écriture. Dans ma chambre, épuisé, je m’endors. Le lendemain je m’y mets. Pas la littérature, pas l’art, pas les livres, l’écriture. Moi aussi, j’ai des phrases dans ma tête, des phrases qui tournent comme celles de Philippe, qui s’écrivent en double, en triple, en centaine, en couleurs et à la craie, certaines que j’efface et d’autres écrites avec mon sang, des très courtes et des légères, des lourdes, lentes. Mon cerveau est le parfait palimpseste de l’écriture. Des cahiers sont toutefois nécessaires, j’en achète et j’écris. Sur l’ordinateur, sur les cahiers, sur le téléphone, en marchant, dans ma tête, sur mes bras, l’écriture. C’est un mouvement. C’est une posture pas exactement assise, pas complètement avachie, un entre-tout qui refuse la rigidité totale. Le vent passe et fait décaler le mot, remplace une lettre, fait sauter une virgule, l’ivresse vient avec la pluie qui entre dans ma chambre et mouille tout. Il faut être prêt à tout oublier, à tout laisser s’effacer, le tout se retrouvera ailleurs en mieux. Il faudrait dire que le fragment est l’écriture. Que l’écriture s’écrit par fragments. Que l’esthétique du fragment est ce qui reste, après tout. Des touches. Des touches. Des touches. Une touche. Un flash. What a flash! J’imagine que c’est l’appareil de Philippe qui a pris la photo depuis cet angle dans mon bureau. Que l’artiste-kamikaze qui a tout fait sauter et lui avec l’a mise sur mon chemin. Je fais confiance aux signes, aux liens et j’en invente. C’est une façon de doubler la vie. Une légèreté m’atteint. Il ne faut pas qu’elle m’abandonne.
Ce n’est pas encore le cas de la phrase de Philippe, mais il est de ces phrases dont on ne sait plus l’endroit de vie, le lieu de leur découverte. Sont-elles des hybrides conçues par nous à partir d’autres, ou des accaparements complets. Toujours est-il que j’écris et réécris ces phrases dans ma tête puis à l’encre ou en tapant des touches. Ces phrases sont maintenant miennes. J’écris et j’oublie. Si je creusais un peu, je saurais le foyer de ces phrases, mais je préfère le flou agréable et léger dans lequel je vis enfin. À la fois terrifiant et malhonnête, il a toutes les qualités d’un amour sincère.
Samedi, Nelly est morte. C’était le 25 janvier 2020. J’ai passé le week-end et un bout de la semaine dans sa maison sans savoir qu’elle avait été débarquée du no69, sans pouls. Son chat dormait toujours sur mon lit. C’est en descendant faire ma vaisselle le mercredi suivant que j’ai croisé sa petite-fille qui m’a parlé comme si j’étais au courant. Elle était désolée et c’est moi qui l’étais. Je n’avais rien entendu. L’enterrement est demain, m’apprit-elle. L’église Saint-Servais, vers l’est, avant le parc Josaphat, abritait la cérémonie. J’ai pris ma matinée. J’ai marché, lentement, depuis la rue Gallait, les mains dans les poches de mon loden, Atmosphere, de Joy Division, repris par Codeine, dans les oreilles, pour arriver, à 11 heures, pile. Mes pas attendaient à l’extrême pour se déployer ; je caressais la limite. Depuis le fond de l’église, j’ai découvert derrière le micro le visage creusé et noir d’un homme qui habite dans la même maison que moi. Il a fait un discours. Nelly l’avait accueilli alors que personne ne voulait de lui voilà vingt ans, il la considérait comme une seconde mère. Les larmes me sont montées sans sortir. J’ai placé le portrait de Nelly imprimée sur le carton de cérémonie funéraire dans Cercle. C’est maintenant qu’il faut reprendre vie, j’ai pensé alors que c’était déjà en cours.
Juillet 2020. Mon stage s’est terminé il y a quelques semaines, à distance. Je reviens à Bruxelles récupérer des affaires, laissées au moment de partir précipitamment juste avant le confinement en France. Je retrouve Hélène devant la Cinematek. On s’embrasse les commissures gauche puis droite de nos bouches, maladroitement, ou parfaitement sans concertation. Elle ne porte pas de soutien-gorge. News from Home de Chantal Akerman est projeté. On se donne des nouvelles en se regardant dans le noir puis en se touchant sous les tissus. En ressortant le ciel est bleu électrique, un bleu rock lo-fi. Début de soirée saturée et lascive. On descend quelques canettes de Stella sur les marches de l’église plus bas. Les rues sont quasi désertiques et la chaleur aussi. Nos sueurs. On s’assoit au milieu de la Grand-Place, toujours plus bas. Là on se mange proprement les bouches, elle assise sur moi, et on se baise presque ici avant de s’en rendre compte dans un rire sirène, puis de prendre un taxi. On rejoint ma chambre laissée intacte. Ce sera la seule fois qu’on fera l’amour. Aux jouissances le grand kamikaze passera puis nous éloignera. Hélène repartira comme elle est venue, dans la nuit, en taxi, le pouls différent et les cheveux défaits. Une autre phrase me vient avant de m’endormir, transportée depuis Rennes, titre d’un tableau vu au Musée des beaux-arts dont je n’ai de souvenir que le cartel rose limpide : Mes doigts sentent encore son sexe.
Je me rends compte que la phrase importante n’était pas celle que je croyais. Depuis la visite de l’atelier de Philippe Vandenberg, je me suis répété en boucle la phrase Il me faut à tout prix abandonner l’attitude maudite. Elle venait par cycle, par phase, n’était jamais loin de mon épaule, me permettait de ne pas tomber, de cultiver cet air d’arrogance qu’ont naturellement les timides. Je ne pensais pas aux autres phrases de l’atelier et pourtant l’une d’elle faisait son travail de spectre, invisible et englobante. Je suis aidé. Je ne sais pas le dire autrement, il ne m’arrive pas de malheur, et lorsque je suis à deux doigts de basculer dans le ravin un souffle me retient du bon côté. Depuis la visite à l’atelier, L’important c’est le kamikaze, j’en suis convaincu. Sa possibilité et son surgissement. Sa douceur et sa brutalité.
Août 2025. Alors que je marche dans Rennes, je passe devant le disquaire Blindspot qui a sorti des bacs de disques dans la rue. C’est inhabituel, mais je plonge mes mains dans un petit bac de 45 tours et les fais défiler comme on fait avec les index. Une pochette attire mon œil. Elle figure le mot CONARD, écrit une centaine de fois au crayon gris, sous une aquarelle rouge de deux personnages positionnés de part et d’autre d’un tube, ou d’un cercueil peut-être, oui je vois un cercueil entre les deux corps chapeautés, ils se dirigent vers la gauche, grande foulée, comme s’ils venaient de voler l’objet. Je reconnais immédiatement l’auteur du dessin. Je retourne la pochette et Philippe Vandenberg est effectivement crédité. C’est un disque de 2022 des Éditions Deforce. Je ne jette d’œil ni devant ni derrière et je mets le disque dans mon sac. En rentrant chez moi je positionne la pochette sur le meuble bas. Je reste l’observer de longues minutes. Le premier morceau se nomme Hoek van de laatste zon (L’angle du dernier soleil). Il s’est passé une vie de phrases depuis ma découverte de l’atelier de Philippe.

Jimmy Le Bigaut est né en plein été 1992 , au milieu de la Bretagne. Depuis, il fixe le soleil dans les yeux, ne distingue plus l’envers de l’endroit, et écrit sur les liens féroces qu’entretient le ciel avec les corps qu’il croise. Il est le lauréat avec cette nouvelle du concours de Zone Critique....

Kamikaze ou Kamikazé (神風, de 神 (kami) « dieu » et 風 (kaze) « vent ») est un mot composé signifiant « vent divin » en japonais. Ceci est une affaire de phrases. J’entre côté livraison, des employés sont là qui fument et m’indiquent la direction. L’entrée est spacieuse comme dans tout musée, ici c’est un centre d’art contemporain. Celui de la ville de Bruxelles plus exactement. C’est mardi, jour de fermeture, mais des corps parfois passent après que je me suis présenté à l’un d’eux, et alors que j’attends sur un banc face à une salle d’exposition : cube blanc où seules figurent une imprimante fixée en hauteur et des feuilles aléatoirement dispersées sur le sol. L’imprimante imprime. Les feuilles volantes volent et se couchent sur les autres déjà couchées ou à côté. Le sol en est jonché. Il n’y a pas de régularité dans les impressions. Il arrive que l’enchaînement dure un peu, puis s’arrête pour une durée incertaine. Souvent c’est une seule impression puis un stop, net. J’entrevois beaucoup de blanc et peu de noir sur le papier. Alors que je ne cherche pas à en savoir davantage sur l’« installation », une femme aux cheveux rouges se présente chaleureusement à moi et m’indique le chemin vers mon bureau. Elle est ma maîtresse de stage, directrice artistique du Centre d’art contemporain de la ville de Bruxelles. C’est mon premier jour, 13 août 2019. On me donne un bureau spacieux, je le partage avec une collègue rarement là. Je suis là pour observer, m’a dit la directrice…

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