Avec ce récit tout à la fois ultraréaliste et fantastique, Grégoire Courtois propose un voyage dans le temps sur les traces d’un drame. C’est l’histoire d’un enfant particulier, à qui la nature parle. Ce dernier en est convaincu. Les manifestations se multiplient : les nuées de papillons qui surgissent pour le protéger, les algues ligotant les camarades qui le harcèlent, les racines qui tracent sous les pierres des messages à sa destination… Isolé, brimé, cet enfant, dont on oublie le nom tant il est transparent, se réfugie dans une forêt sensorielle, de laquelle il ne reviendra jamais vraiment. L’Enfant grise pourrait être l’un des romans de nature writing marquants de cette rentrée. Parce que c’est un objet littéraire non identifié, à la lisière de l’ultraréalisme et du conte fantastique, à l’orée de la poésie et de la littérature gothique. Ultraréaliste notamment, car les descriptions de la nature sont précises et documentées ; des essences d’arbres jusqu’aux mille détails du vivant, de l’intensité des saisons jusqu’aux sensations fines des éléments. Fantastique, car le roman nous plonge progressivement dans la poésie et la magie, d’une manière presque médiumnique. On pense souvent aux contes des frères Grimm où la forêt protège autant qu’elle menace. Et puis, au cœur de l’intrigue, il y a cette enfant grise qui pourrait être derrière ces phénomènes surnaturels et dont on découvre l’ampleur au fil des pages. « Minérale peut-être, végétale d’une certaine façon, animale s’il restait encore un peu de la petite fille qu’elle avait été, l’enfant grise était cette…



