Chez la chanteuse afro-américaine Liz McComb, le gospel n’est pas seulement musique. Il devient un refuge, un souffle de paix et un élan d’humanité. Qu’elle se produise à Paris ou aux États-Unis, dans un grand festival ou dans l’intimité d’une église, Liz McComb possède une voix qui ne laisse personne indifférent. Sa voix est un cri, un baume, un phare. C’est là toute la puissance du gospel mais, chez elle, cela prend une dimension singulière : dans les années 1980, Liz McComb a aidé à populariser en France ce chant venu des églises afro-américaines, déjà apprécié d’un public averti, fan de Mahalia Jackson et de Sister Rosetta Tharpe. Depuis, elle n’a cessé de porter, à travers les spirituals, une énergie et une émotion qui dépassent le strict cadre religieux. Trente ans plus tard, les États-Unis s’enfoncent dans une crise morale et politique sans précédent : la présidence Trump a libéré une parole raciste assumée au sommet de l’État, attisé les divisions et transformé les réseaux sociaux en chambres d’écho de la haine. Les violences policières contre les Afro-Américains et les Latinos se multiplient, les migrants sont traqués par l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, la police anti-immigration), les opposants politiques sont menacés de représailles judiciaires et les médias grand public sont attaqués. Une société fracturée comme rarement, où chacun se replie sur son camp. Face à tout cela, Liz McComb choisit un langage presque à contre-courant tant il peut sembler naïf : celui de la paix. Elle est convaincue du pouvoir…

Liz Mc Comb by Vincent Gramain
Mention du crédit obligatoire © Vincent Gramain



